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migrantsatsea.wordpress.com
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Douze de plus,
douze de moins, avec le nombre de cadavres qui jonchent déjà les cimetières
marins aux bords du territoire européen, cela ne change pas grand-chose,
direz-vous. Dans la sinistre comptabilité de noyés – 136 selon l’estimation la
plus basse depuis août 2012 seulement en mer Egée –, le chiffre 12 n’a pas de
quoi réveiller les consciences et susciter un tollé. Sauf qu’ici, avec le
naufrage à Farmakonisi en Grèce, nous avons la preuve irréfutable d’une
stratégie délibérément criminelle : la dissuasion par la noyade. Car il ne
s’agit nullement d’un fâcheux accident de plus, dû aux prises de risques
inconsidérées de passeurs. À Farmakonisi, les douze femmes et enfants qui ont
péri en mer ne furent point les victimes d’un naufrage dû aux intempéries ou
aux avaries mécaniques ; leur mort a été délibérément causée par le
comportement criminel de la garde côtière grecque qui, après les avoir
remorqués à très grande vitesse vers la Turquie, leur a refusé tout secours une
fois leur embarcation renversée.
