L’Allemagne,
leader européen du secteur agroalimentaire, est de plus en plus critiquée pour
le prix social et environnemental de sa réussite économique. Seulement deux
semaines après mon arrivée en Basse-Saxe,
j’ai déjà pu constater les effets dévastateurs de son fonctionnement.
Depuis des années, des milliers de travailleurs détachés[1] subissent les abus
de sous-traitants sans scrupules. Grâce à ces « contrats de prestations», des
grands groupes comme Tönnies, Danish Crown, Heidemark, Vion « louent » des
travailleurs contractuels. Ces contrats de prestations permettent de contourner
le droit du travail allemand et de diminuer drastiquement les salaires. Au-delà
du préjudice subi par les salariés, ceci crée un réel problème de concurrence
déloyale. La plupart de ces travailleurs contractuels proviennent d’Europe de
l’Est (Roumanie, Pologne, Bulgarie) et subissent des pressions quotidiennes.
Ils sont prêts à accepter des conditions de vie et de travail proches de
l’esclavage, de peur de perdre leur emploi et de devoir retourner chez eux sans
argent.