19.12.2012. Les instances
politiques françaises semblent commencer à se rendre compte que les
travailleurs immigrés des années 1960 et 70 sont devenus aujourd’hui des vieux
immigrés, ou, pour reprendre la formule de l’Assemblée nationale, des immigrés
âgés. Et que cela pose un certain nombre de challenges. Le président de
l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, a pris conscience du problème en
créant en novembre dernier une mission parlementaire chargée de trouver des
solutions aux souffrances, surtout aux anciens confinés dans des foyers devenus
de vrais mouroirs. Le parlementaire en a eu une idée assez précise en visitant
ces foyers qui autrefois abritaient des travailleurs, devenus par la force
cruelle du temps foyers de «chibanis».
Récemment, l’Association des travailleurs maghrébins de France a lancé un
appel contre les discriminations spécifiques envers les migrants plus âgés.
«Alors que leur contribution à la production de richesses et de services en
France s’est déployée des années durant, ils vivent dans des conditions
insupportables.»
La
vieillesse des migrants, relève l’appel, concerne 1,7 million de personnes
originaires du Maghreb ou d’Afrique de l’Ouest. Beaucoup ont fondé des familles
et prennent de front, outre leurs difficultés, celles de leurs enfants et
petits-enfants à trouver une place dans une société qu’ils n’ont pas choisie,
se contentant d’y naître.
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