L’irruption brutale dans l’actualité algérienne des harraga, la charge de violence intense et l’apparente désespérance que renvoie leur image sont une violente interpellation d’un pays qui s’en pensait préservé et un démenti de l’idée qu’il se faisait de lui-même. La folie des traversées funestes le concerne dorénavant directement et avec un degré de gravité encore plus important. C’est comme « un retour de bâton » pour un pays où le « clandestin » c’était l’autre, le subsaharien incarnation d’une misère et d’une désespérance que l’on se complaisait, avec condescendance et parfois racisme explicite, à accoler comme une tare congénitale à une Afrique noire dont on se voulait différents.
Par Ali Bensaad