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L'Etat admet que la loi a un impact négatif sur la liberté des immigrants africains illégaux, mais il estime que c'est "pour la bonne cause". Qui plus est, cet amendement à la législation de 1954 sur la "prévention de l'infiltration" est conforme "aux valeurs de l'Etat d'Israël en tant qu'Etat juif et démocratique". En un mot, il est constitutionnel et "raisonnable". La "raison", c'est le fait que le pays ne pouvait plus supporter de devenir un "centre d'attraction" pour les milliers d'Africains, hommes, femmes et enfants, qui arrivaient chaque mois du Sinaï.
La parade, introduite en 2012 par cet amendement, a été de les entasser dans le centre de détention de Saharonim, situé à 3 kilomètres de la frontière égyptienne, près de Nitzana, dans la fournaise du Néguev. Pendant une "période illimitée", mais qui ne sera pas inférieure à... trois ans. Sans procès. A moins, bien sûr, qu'ils acceptent de retourner d'où ils viennent. Passé ce délai, leur mise en liberté pourra être "envisagée" par un juge. C'est une loi que les associations humanitaires considèrent comme scélérate, mais elle a sa logique : il s'agit, par ce traitement punitif, de dissuader d'autres candidats attirés par l'eldorado économique qu'incarne à leurs yeux l'Etat juif.
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